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dragons viking

Les dragons dans la mythologie nordique

Sommaire

Dans la mythologie nordique, les dragons ne sont pas seulement des créatures de légende ; ce sont des créatures puissantes, rarement bienveillantes, qui pèsent sur le destin des dieux comme des hommes. De Jörmungandr, le serpent du monde, à Fáfnir et son trésor d’or mal acquis, les dragons de la mythologie nordique ont une longue histoire et une influence qui dépasse largement la Scandinavie. Voyons ensemble pourquoi ces créatures mythiques continuent de nous fasciner, des siècles plus tard. Leur silhouette orne encore aujourd’hui nombre de bijoux, des colliers dragon à la bague serpent viking.

Les 3 dragons de la mythologie nordique

  • Jörmungandr – le Serpent du Monde
  • Nidhogg – le dragon de la mort
  • Fáfnir – le dragon de la cupidité

Jörmungandr – le Serpent du Monde

Jörmungandr est un serpent de mer géant de la mythologie nordique. Il est dit que Jörmungandr était l’enfant monstrueux du dieu farceur Loki et de la géante Angrboda. Inquiet de la menace que représentaient les enfants de Loki, Odin jeta Jörmungandr dans l’océan, où il devint si grand qu’il encercla Midgard, le royaume des humains, et se mordit la queue. D’où son autre nom de Miðgarðsormr, le « Serpent de Midgard », ou « Serpent du Monde », puisqu’il enserre le monde des hommes.

Un célèbre récit raconte comment Thor, parti pêcher avec le géant Hymir, ferre Jörmungandr en utilisant une tête de bœuf comme appât. Au moment où le dieu s’apprête à frapper le serpent de son marteau, Hymir, terrifié, tranche la ligne et le monstre retombe dans les flots. Les deux adversaires se retrouvent lors du Ragnarök, la bataille de la fin du monde : Jörmungandr sort de la mer et son agitation fait déferler l’océan sur les terres. Thor parvient à le tuer, mais ne fait que neuf pas avant de succomber à son venin. Odin, lui, est dévoré par le loup Fenrir, un autre enfant de Loki. Après la bataille, le monde sombre dans les flots avant d’en ressurgir, verdoyant et renouvelé.

Dans la culture populaire moderne, Jörmungandr apparaît dans de nombreux jeux vidéo, comme God of War (2018), ainsi que dans des livres, des bandes dessinées et des films. Il y est généralement représenté comme un serpent de mer colossal. Sa présence dans ces histoires sert à représenter le chaos qui existe au-delà du contrôle ou de la compréhension humaine. Le serpent de mer est également devenu un symbole important pour certains adeptes du néopaganisme nordique (Ásatrú), qui y voient à la fois la puissance de la nature et la part d’inconnu qui la dépasse. Il figure aussi en bonne place sur de nombreuses bagues dragon.

Bien que Jörmungandr soit avant tout une figure hostile aux dieux, certaines lectures modernes voient aussi en lui celui qui, en encerclant Midgard, maintient le monde des hommes d’un seul tenant. Quelle que soit la façon dont on le considère, Jörmungandr est un personnage intrigant de la mythologie nordique et continue de captiver le public aujourd’hui.

Nidhogg, le dragon de la mort

Nidhogg (Níðhöggr en vieux norrois) est un dragon de la mythologie nordique dont le nom est généralement traduit par « celui qui frappe avec malveillance ». Il vit sous Yggdrasil, l’arbre du monde qui relie tous les royaumes, et ronge sans relâche la racine qui plonge vers Niflheim, le monde glacé des brumes. Selon la Völuspá, il se repaît aussi des cadavres des parjures et des meurtriers, relégués après leur mort sur le rivage sinistre de Náströnd.

Nidhogg est aussi l’une des dernières images de la Völuspá : après le Ragnarök, alors que le monde renaît, on voit le sombre dragon s’envoler depuis les profondeurs en portant des cadavres sous ses ailes, comme pour rappeler que la mort n’a pas disparu.

Nidhogg est un personnage important de la mythologie nordique et est souvent utilisé comme un symbole de mort ou de destruction. Il rappelle que la mort et la corruption menacent en permanence l’ordre du monde, jusqu’aux racines de l’arbre qui le soutient.

Fafnir, le dragon de la cupidité

Fafnir était à l’origine le fils d’Hreidmar, un homme riche aux pouvoirs magiques, et le frère de Regin, un forgeron, et d’Ótr, qui aimait prendre la forme d’une loutre. Lorsque Loki tua Ótr par erreur, les dieux durent verser à Hreidmar une rançon en or, arrachée au nain Andvari, qui maudit ce trésor et l’anneau qui en faisait partie. Rongé par la cupidité, Fafnir tua son père pour s’emparer de l’or, refusa de le partager avec Regin et se transforma en un énorme dragon pour le garder jalousement sur la lande de Gnitaheiðr.

Finalement, Fafnir fut tué par le héros Sigurd. Poussé par Regin, qui voulait récupérer le trésor, le jeune homme creusa une fosse sur le chemin du dragon et le transperça par en dessous avec son épée Gram. Avant de mourir, Fafnir l’avertit que l’or maudit causerait sa perte.

En goûtant le sang du cœur de Fafnir, Sigurd se met à comprendre le langage des oiseaux, qui l’avertissent que Regin compte le trahir. Il tue alors le forgeron et emporte le trésor. Fidèle à la malédiction d’Andvari, cet or ne cessera ensuite d’apporter le malheur à ceux qui le possèdent, jusqu’à la mort tragique de Sigurd lui-même.

L’histoire de Fafnir nous est connue par l’Edda poétique, l’Edda de Snorri Sturluson et la saga des Völsungs, rédigées en Islande au XIIIe siècle. Il y est dépeint comme un dragon avide, qui crache du venin et ne recule devant rien pour garder ses richesses. Il a inspiré de nombreuses œuvres, notamment le cycle d’opéras de Richard Wagner, Der Ring des Nibelungen, où il devient Fafner, un géant changé en dragon.

Fafnir est souvent utilisé comme un symbole de l’avidité et du matérialisme dans la mythologie nordique. Il sert d’avertissement : une trop grande attention portée à la richesse peut être préjudiciable aux individus comme aux sociétés. Il nous rappelle aussi que la cupidité peut nous mener à notre perte si nous ne prenons pas soin de la contrôler.

Avec son destin maudit et son combat contre Sigurd, il montre aussi qu’aucune puissance ne protège de ses propres démons : le plus redoutable des dragons est d’abord la victime de sa propre avidité.

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Le rôle des dragons dans la mythologie nordique

Dans de nombreuses histoires de la mythologie nordique, les dragons jouent un rôle important. Fáfnir, on l’a vu, tue son père pour mettre la main sur un vaste trésor, puis devient dragon pour le garder. Depuis sa mise par écrit dans les Eddas et la saga des Völsungs au XIIIe siècle, son histoire sert de mise en garde contre la cupidité et l’ambition.

Dans d’autres contes, les dragons sont dépeints comme des forces puissantes qui doivent être vaincues pour que les héros puissent prouver leur valeur. Jörmungandr est peut-être l’exemple le plus célèbre ; ce serpent de mer géant encercle Midgard (le monde habité par les humains) et affronte Thor lors du Ragnarök, la bataille de la fin des temps entre dieux et monstres décrite notamment dans la Völuspá. Le dieu du tonnerre le tue, mais succombe aussitôt à son venin.

En quoi sont-ils différents des dragons des autres mythologies et que symbolisent-ils ?

Les dragons de la mythologie nordique diffèrent de ceux des autres mythologies sur quelques points essentiels. Tout d’abord, ils sont étroitement liés aux grands espaces de la nature : Jörmungandr vit dans l’océan, Nidhogg dans les profondeurs sous Yggdrasil et Fáfnir sur une lande isolée. Ils crachent du venin plutôt que du feu, et, pour deux d’entre eux, ce sont d’abord des êtres liés aux dieux ou aux hommes, comme Fáfnir, métamorphosé par sa cupidité, ou Jörmungandr, fils de Loki.

Leur symbolisme tourne surtout autour du chaos, de la destruction et de l’avidité. Le trésor de Fáfnir porte ainsi une malédiction qui frappe tous ceux qui le convoitent. De même, le duel entre Thor et Jörmungandr lors du Ragnarök, où les deux adversaires périssent, illustre l’affrontement sans vainqueur entre l’ordre et le chaos.

Le pouvoir symbolique des dragons

Au-delà de leur rôle de personnages ou d’intrigues dans la mythologie nordique, les dragons ont également un pouvoir symbolique. D’une certaine manière, ils représentent le chaos et la destruction ; quoi de plus chaotique qu’un reptile géant crachant son venin ? En même temps, ils peuvent aussi incarner une forme d’ordre : Jörmungandr, en se mordant la queue, forme un cercle qui entoure le monde des hommes, et Fáfnir veille sur son trésor avec une constance sans faille, jusqu’à ce que Sigurd le terrasse.

Il n’est pas nécessaire d’être un expert en mythologie nordique pour comprendre pourquoi ces créatures continuent de nous captiver ; leur complexité en fait des personnages fascinants, dignes d’être explorés et étudiés plus avant.

Conclusion

Les dragons font partie intégrante de la mythologie nordique et apparaissent dans de nombreuses histoires depuis les temps anciens jusqu’à aujourd’hui. Ils peuvent représenter le chaos ou l’ordre selon leur rôle dans une histoire donnée, mais ils symbolisent souvent les deux à la fois, rappelant que le monde oscille sans cesse entre les deux. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que ces créatures mythiques nous fascinent encore, des siècles après leur mise par écrit !

FAQ

Combien y a-t-il de dragons dans la mythologie nordique ?

Les sources nordiques en mettent surtout trois en avant : Jörmungandr, le serpent de Midgard, Nidhogg, qui ronge les racines d’Yggdrasil, et Fáfnir, le gardien du trésor maudit. D’autres serpents apparaissent dans les textes, notamment ceux qui rongent aussi les racines de l’arbre du monde, mais ils ne sont que cités.

Les dragons nordiques crachent-ils du feu ?

Pas dans les sources anciennes. Jörmungandr et Fáfnir sont surtout décrits comme venimeux : le serpent de Midgard empoisonne l’air lors du Ragnarök et Fáfnir souffle son venin autour de lui. Le dragon cracheur de feu vient davantage d’autres traditions et de l’imaginaire moderne.

Qui tue Jörmungandr lors du Ragnarök ?

C’est Thor qui tue Jörmungandr, son ennemi de toujours. Le dieu ne survit que quelques instants à sa victoire : il fait neuf pas avant de s’effondrer, empoisonné par le venin du serpent. Odin, lui, meurt dévoré par le loup Fenrir.

Quel est le lien entre Jörmungandr et l’ouroboros ?

Jörmungandr se mord la queue après avoir encerclé Midgard, ce qui rappelle l’ouroboros, le serpent qui se mord la queue connu depuis l’Antiquité égyptienne et grecque. Les deux images n’ont pas la même origine, mais elles partagent l’idée d’un cercle qui enferme le monde et d’un cycle sans fin. C’est pourquoi on les associe souvent dans les bijoux d’inspiration viking.

Dans quels textes trouve-t-on l’histoire de Fáfnir ?

L’histoire de Fáfnir est racontée dans plusieurs poèmes de l’Edda poétique, dans l’Edda de Snorri Sturluson et dans la saga des Völsungs, tous mis par écrit en Islande au XIIIe siècle. On la retrouve aussi gravée sur certaines pierres runiques de Suède, comme la pierre de Ramsund, qui montre Sigurd transperçant le dragon.

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