La mythologie nordique, l’âge des Vikings, les guerres menées par ces guerriers du Nord, tout cela a toujours suscité l’intérêt et la curiosité. Mais ce qui fascine le plus, c’est sans doute le drakkar, ce navire de guerre emblématique des Vikings. Une question revient souvent : combien de ces guerriers un tel navire pouvait-il transporter ? Alors, combien de Vikings dans un drakkar ? La réponse dépend du navire, mais je vais essayer d’y répondre avec autant de précision que le permettent l’archéologie et les sources.
Le drakkar, navire mythique des Vikings
Le drakkar est sans aucun doute le symbole le plus puissant de la civilisation viking. C’était un navire de guerre, construit en bois, capable de traverser les mers agitées du Nord, mais aussi de remonter les rivières et d’atteindre des régions intérieures.
Ces navires présentent une caractéristique remarquable : leur proue est souvent ornée d’une tête de dragon ou d’un autre animal mythique, d’où leur nom « drakkar ». Ce mot est une création française du XIXe siècle, forgée à partir du scandinave drake (en vieux norrois dreki), « dragon » ; les Vikings, eux, parlaient plutôt de langskip, « navire long ». Cet aspect terrifiant du navire était destiné à effrayer les ennemis et à protéger l’équipage contre les mauvais esprits. Cette figure de proue inspire d’ailleurs des objets de décoration, comme ce porte-encens drakkar.
La construction des drakkars
Ce sont la préparation et la construction qui font des drakkars des vaisseaux uniques. Les Vikings prenaient soin de sélectionner le meilleur bois, généralement du chêne, pour construire leur navire. La construction d’un drakkar n’était pas une tâche facile. Chaque planche était soigneusement fendue, taillée puis assemblée « à clin », c’est-à-dire en recouvrement de la planche inférieure, à l’aide de rivets en fer ; l’étanchéité était assurée par de la laine ou des poils d’animaux imprégnés de goudron.
La voile, quant à elle, était généralement faite de laine, parfois teinte ou décorée de bandes de couleur, et fixée à un mât au centre du navire. Les drakkars étaient donc à la fois des bateaux à voile et des bateaux à rames, ce qui les rendait très manœuvrables et rapides sur l’eau.

Les dimensions d’un drakkar
Les dimensions d’un drakkar varient selon sa fonction et son époque de construction. La plupart des navires de guerre mesuraient entre 20 et 30 mètres ; le plus long retrouvé à ce jour, le Roskilde 6 découvert au Danemark, atteignait environ 36 mètres pour une largeur ne dépassant guère 4 à 5 mètres. Ils étaient ainsi capables d’embarquer un équipage nombreux, avec ses armes et ses provisions.
De plus, ces navires étaient très peu profonds, avec un tirant d’eau d’environ un mètre seulement, ce qui leur permettait de naviguer dans des eaux peu profondes et de s’approcher au plus près des côtes.
L’équipage d’un drakkar
Sur le plan de la capacité d’accueil, tout dépend de la taille du navire. Le bateau de Gokstad, long d’environ 23 mètres, comptait 32 rames, soit un équipage d’au moins 32 rameurs et sans doute davantage pour assurer les relais. Le Skuldelev 2, un navire de guerre d’une trentaine de mètres, embarquait environ 60 à 70 hommes, et les plus grands vaisseaux, comme le Roskilde 6, pouvaient approcher la centaine. Les rameurs étaient répartis de chaque côté du navire. En temps de guerre, chaque rameur était aussi un guerrier, prêt à prendre les armes dès que le navire touchait terre.
Il faut toutefois garder à l’esprit que le nombre de Vikings à bord d’un drakkar dépendait de nombreux facteurs, tels que la durée du voyage, la quantité de provisions à bord ou l’objectif de l’expédition.


Un drakkar en pleine navigation
Imaginez un instant un drakkar en pleine navigation. Les Vikings alignés, maniant les rames en rythme au gré des vagues. La voile de laine hissée haut sur le mât, gonflée par le vent du nord. Et à la poupe, près de la rame-gouvernail, le chef viking, dirigeant son équipage avec fermeté et courage.
En pleine guerre, la vision de ces navires émergeant de la brume devait être terrifiante pour leurs ennemis. Mais pour les Vikings eux-mêmes, c’était une démonstration de leur force et de leur détermination.
Les types de bateaux vikings
Si le terme « drakkar » est souvent associé aux navires vikings, il est important de noter qu’il y avait plusieurs types de bateaux vikings. Le drakkar n’est qu’un type parmi d’autres. Les navires vikings étaient classés en fonction de leur taille, de leur fonction et de leur construction. Parmi les plus célèbres, on compte le grand navire de guerre, ou drakkar, le knarr, un bateau de commerce, et le snekkja (souvent appelé snekkar en français), un navire de guerre plus modeste, rapide et élégant.
Le drakkar était le plus grand de ces navires de guerre, avec une longueur le plus souvent comprise entre 20 et 30 mètres, et jusqu’à 36 mètres pour les plus grands. Son faible tirant d’eau lui permettait de s’approcher au plus près des côtes, facilitant ainsi les raids sur les villages côtiers. Le knarr, en revanche, était un navire plus petit et plus large, conçu pour transporter des marchandises sur de longues distances. Le snekkja, quant à lui, était un navire long et mince d’une vingtaine de bancs de nage, soit une quarantaine de rameurs, qui pouvait atteindre une grande vitesse.
La construction des navires vikings était une tâche laborieuse et méticuleuse. Le bois était soigneusement choisi et assemblé, puis recouvert de goudron de pin pour le rendre étanche. Le bateau d’Oseberg, découvert en 1904 dans un tumulus funéraire près de Tønsberg, en Norvège, et conservé au musée des bateaux vikings d’Oslo, est un exemple parfait de cette technique de construction.

Les symboles et décorations des drakkars
Les Vikings n’étaient pas seulement des guerriers et des navigateurs habiles, ils étaient aussi des artistes talentueux. Les drakkars étaient souvent ornés de sculptures détaillées et de motifs complexes, qui avaient une grande signification pour leur peuple.
La proue du navire, souvent sculptée en forme de tête de dragon ou d’autres créatures fantastiques, était conçue pour effrayer les ennemis et repousser les mauvais esprits. Un motif que l’on retrouve aujourd’hui sur des bijoux comme ce collier dragon scandinave. Mais ce n’est pas tout. Les navires les plus prestigieux, comme celui d’Oseberg, portaient aussi des sculptures d’entrelacs et d’animaux stylisés, caractéristiques de l’art viking.
Ces ornements n’étaient sans doute pas seulement esthétiques : ils affichaient le rang du propriétaire et avaient probablement une portée religieuse. Les sources islandaises rapportent d’ailleurs qu’il fallait retirer les têtes de dragon à l’approche de l’Islande, pour ne pas effrayer les esprits protecteurs du pays.
Conclusion
Les drakkars sont un symbole puissant de l’âge viking et de la culture nordique. Construits avec soin et ornés de motifs complexes, ces navires de guerre étaient bien plus que de simples moyens de transport. Ils étaient une démonstration de la force, de l’habileté et de l’art des Vikings.
Il est fascinant de penser à ce qu’était la vie à bord d’un drakkar, avec ses dizaines de rameurs, tous prêts à prendre part à un raid ou à une bataille. Bien que l’image typique d’un Viking soit celle d’un guerrier féroce, il est important de se rappeler qu’ils étaient aussi des navigateurs, des commerçants et des artistes talentueux.
Alors, combien de Vikings dans un drakkar ? Selon la taille du navire, de quelques dizaines à une centaine d’hommes, mais une chose est sûre : chaque Viking à bord d’un drakkar jouait un rôle crucial dans la survie et le succès de son équipage. De quoi lever une chope viking drakkar à leur mémoire !


FAQ
Combien de rameurs y avait-il sur un drakkar ?
Le nombre de rameurs correspondait au nombre de rames : 32 sur le bateau de Gokstad, une soixantaine sur le Skuldelev 2 et près de 80 sur les plus grands navires comme le Roskilde 6. L’équipage pouvait être un peu plus nombreux que les rameurs, afin d’assurer les relais et la manœuvre de la voile.
Quelle est la différence entre un drakkar et un knarr ?
Le drakkar est un navire de guerre long, étroit et rapide, conçu pour embarquer beaucoup d’hommes et naviguer près des côtes. Le knarr est un navire de charge, plus court, plus large et plus profond, qui avançait surtout à la voile. C’est lui qui a permis le commerce et la colonisation de l’Islande et du Groenland.
Les Vikings appelaient-ils vraiment leurs bateaux « drakkars » ?
Non. Le mot « drakkar » est une invention française du XIXe siècle, inspirée du mot scandinave désignant le dragon. Les Vikings parlaient de langskip pour les navires longs, et certains grands vaisseaux ornés d’une tête de dragon étaient appelés dreki, « dragon ».
À quelle vitesse naviguait un drakkar ?
Les répliques modernes, comme le Sea Stallion construit d’après le Skuldelev 2, ont dépassé les 10 nœuds sous voile par vent favorable. En vitesse de croisière, la moyenne était bien plus modeste, de l’ordre de quelques nœuds. À la rame, l’équipage ne pouvait tenir de grandes vitesses que sur de courtes distances.
Où peut-on voir de vrais bateaux vikings aujourd’hui ?
Les plus célèbres, ceux d’Oseberg et de Gokstad, sont conservés à Oslo, en Norvège. Au Danemark, le musée des navires vikings de Roskilde présente les épaves de Skuldelev, retrouvées dans le fjord de Roskilde, ainsi que des répliques qui naviguent encore. Pensez à vérifier les conditions de visite, car certains musées font l’objet de travaux.





















