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les ordres de chevalerie

Les ordres de chevalerie : tout ce que vous avez toujours voulu savoir !

Sommaire

Les ordres de chevalerie sont nés au Moyen Âge et réunissaient des chevaliers voués à une cause commune, soumis à une règle de vie et à de nombreuses obligations. La plupart des grands ordres militaires ont perdu leur rôle à la fin du Moyen Âge, mais certains existent encore et tous continuent de fasciner. Dans cet article, nous allons vous expliquer ce qu’étaient les ordres de chevalerie et ce qu’ils représentaient pour les chevaliers qui en faisaient partie.

Qu’est-ce que la chevalerie ?

La chevalerie désigne à la fois un groupe social et un idéal apparus au Moyen Âge, à partir du XIe siècle. Les chevaliers étaient des guerriers à cheval, liés à leur seigneur par un serment de fidélité et prêts à combattre en son nom. Peu à peu, l’Église et la littérature courtoise ont associé à ce statut un idéal moral : loyauté, courage, générosité et protection des plus faibles.

Qu’est-ce qu’un chevalier ?

Chevalier médiéval en armure, membre d’un ordre de chevalerie

Un chevalier était un guerrier qui servait un seigneur. Généralement issu de la noblesse, il était formé dès son plus jeune âge, d’abord comme page puis comme écuyer, avant d’être armé chevalier lors de la cérémonie de l’adoubement.

Lorsque vous entendez le mot « chevalier », la première chose qui vous vient à l’esprit est probablement un homme en armure qui combat le dragon pour sauver la princesse. Les chevaliers étaient en effet des guerriers, mais ils étaient bien plus que cela. Certains d’entre eux appartenaient à des ordres de chevalerie, qui avaient chacun leurs propres règles et coutumes.

Certains ordres étaient religieux, comme les ordres militaires nés des croisades, dont les membres prononçaient des vœux monastiques. D’autres étaient laïques, créés par des rois ou des princes pour s’attacher la fidélité de leur noblesse. Les plus importants étaient très puissants et ont joué un rôle de premier plan dans la politique et les guerres de leur temps.

Les serments du chevalier

Lors de son adoubement, le chevalier s’engageait à respecter un idéal de conduite. Il n’existait pas de serment unique valable partout, mais les textes médiévaux et les romans de chevalerie reviennent souvent sur les mêmes devoirs.

La liste des serments d’un chevalier :

  • Protéger les faibles
  • Lutter contre l’injustice
  • Servir son seigneur loyalement
  • Respecter les femmes
  • Ne pas profiter de sa position de pouvoir

Ces engagements décrivent un idéal : dans les faits, tous les chevaliers étaient loin de s’y conformer, mais celui qui y manquait gravement risquait le déshonneur.

Les ordres de chevalerie

On distingue généralement deux grandes familles. Les ordres militaires et religieux, comme le Temple, l’Hôpital ou l’ordre Teutonique, apparaissent au XIIe siècle et associent la vie de moine à celle de soldat. Les ordres de chevalerie laïques, ou ordres princiers, comme la Jarretière ou la Toison d’or, naissent aux XIVe et XVe siècles autour d’un souverain.

Qu’est-ce qu’un ordre de chevalerie ?

Un ordre de chevalerie est une communauté de chevaliers réunis sous une même règle ou de mêmes statuts, avec un chef (grand maître ou souverain), des insignes et des obligations communes. L’admission y était sélective et marquait un grand honneur.

Les origines des ordres de chevalerie

Les premiers ordres militaires sont nés au XIIe siècle, dans le sillage de la première croisade et de la prise de Jérusalem en 1099. Ils avaient pour mission de protéger les pèlerins qui se rendaient en Terre sainte et de défendre les États latins d’Orient. D’autres ont vu le jour dans la péninsule Ibérique, pendant la Reconquista, ou dans les pays baltes.

Les plus célèbres ordres de chevalerie

Les ordres de chevalerie ont captivé l’imagination des gens pendant des siècles. Ces communautés de guerriers ont défendu pendant près de deux siècles le royaume latin de Jérusalem, puis ont tenté de le reconquérir après la perte de la Ville sainte en 1187. La croix de Jérusalem, emblème de ce royaume, se retrouve aujourd’hui sur notre broche croix de Jérusalem. Les Templiers formaient l’un des plus célèbres et des plus puissants de ces ordres, mais il y en avait d’autres, comme les Hospitaliers ou les chevaliers Teutoniques.

L’importance des ordres de chevalerie

Les ordres militaires ont joué un rôle considérable au Moyen Âge. Ils fournissaient aux États latins d’Orient des troupes permanentes et disciplinées, tenaient de puissantes forteresses comme le krak des Chevaliers et géraient d’immenses domaines en Europe. Leur richesse et leur réseau en ont aussi fait des acteurs financiers de premier plan.

L’ordre de chevalerie des templiers

L’ordre du Temple fut l’un des premiers et des plus importants ordres militaires du Moyen Âge. Fondé vers 1119-1120 à Jérusalem par Hugues de Payns et reconnu au concile de Troyes en 1129, il avait pour mission de protéger les pèlerins qui faisaient le voyage vers la Terre sainte. Au fil du temps, les Templiers ont acquis une grande richesse et un grand pouvoir, ce qui a conduit le roi de France Philippe IV le Bel à les faire arrêter en 1307. Leur croix inspire aujourd’hui encore de nombreux bijoux templiers.

Accusés de nombreux crimes, dont l’hérésie, les Templiers ont été torturés pour obtenir des aveux, et plusieurs dizaines d’entre eux ont été brûlés, dont le dernier grand maître, Jacques de Molay, en 1314. Le pape Clément V a supprimé l’ordre en 1312. Des légendes prétendent qu’il aurait survécu en secret, mais aucune preuve historique ne vient les étayer, ce qui n’empêche pas les Templiers de fasciner encore aujourd’hui.

Pendentif templier à croix inspiré de l’ordre du Temple

L’ordre de chevalerie des Hospitaliers

L’ordre des Hospitaliers, ou ordre de Saint-Jean de Jérusalem, était un ordre religieux et militaire du Moyen Âge. Ses membres étaient appelés « hospitaliers », car leur mission première était de soigner les malades, les pèlerins et les blessés. L’ordre trouve son origine dans un hôpital fondé à Jérusalem au XIe siècle par des marchands d’Amalfi. Après la prise de la ville par les croisés en 1099, la communauté, dirigée par frère Gérard, s’est développée et a été reconnue par le pape Pascal II en 1113. Au XIIe siècle, l’ordre a ajouté à sa mission charitable la défense militaire des États latins. Loin d’être supprimé en 1312, il a au contraire reçu la plupart des biens des Templiers. Installé successivement à Rhodes puis à Malte, qu’il a perdue face à Bonaparte en 1798, il existe toujours aujourd’hui sous le nom d’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, plus connu sous le nom d’ordre de Malte.

L’ordre Teutonique

L’ordre Teutonique est né en 1190, lors du siège d’Acre, sous la forme d’une confrérie hospitalière fondée par des marchands de Brême et de Lübeck pour soigner les croisés allemands. Il est devenu un ordre militaire en 1198. Après la chute d’Acre face aux Mamelouks en 1291, l’ordre s’est replié en Europe et a concentré son action sur les pays baltes, où il a combattu les Prussiens puis les Lituaniens, encore païens, et bâti un véritable État. Sa puissance a décliné après sa lourde défaite à Grunwald (Tannenberg) en 1410. En 1525, le grand maître Albert de Brandebourg s’est converti au luthéranisme et a transformé la Prusse de l’ordre en duché héréditaire. L’ordre Teutonique existe toujours, sous la forme d’un ordre religieux dont le siège est à Vienne.

L’ordre Teutonique était un ordre très puissant et influent. Beaucoup de gens voulaient faire partie de cet ordre prestigieux. Pour devenir chevalier, il fallait être noble et avoir un certain niveau de richesse. Les candidats devaient aussi montrer qu’ils étaient de bons guerriers. Une fois admis, les nouveaux chevaliers devaient prononcer des vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté. Ils devaient également s’engager à servir l’ordre pendant toute leur vie. Les chevaliers de l’ordre portaient un manteau blanc frappé d’une croix noire, symbole de leur dévotion à Dieu et à la Terre sainte. Les Templiers arboraient quant à eux une croix rouge sur fond blanc, reprise sur notre chevalière templier croix rouge.

Les autres ordres militaires

  • L’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem ;
  • L’ordre de Calatrava ;
  • L’ordre de Santiago (Saint-Jacques de l’Épée).

L’ordre de Saint-Lazare est né en Terre sainte au XIIe siècle autour d’une léproserie, tandis que les ordres de Calatrava et de Santiago ont été fondés dans les royaumes de Castille et de León dans la seconde moitié du XIIe siècle, pour lutter contre les royaumes musulmans de la péninsule Ibérique. Pour en savoir plus sur le plus célèbre des ordres militaires, lisez notre article sur l’histoire des templiers.

L’ordre de la Toison d’Or

  • Créé en 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne ;
  • Vingt-quatre chevaliers admis à sa fondation, en plus du duc ;
  • L’ordre était réservé à la haute noblesse ;
  • Les membres de l’ordre portaient un collier d’or auquel était suspendue une toison d’or.

L’ordre de la Jarretière

  • Créé vers 1348 par le roi d’Angleterre Édouard III ;
  • L’ordre comptait vingt-six membres à sa fondation, le roi et le prince de Galles compris ;
  • L’ordre était réservé à la noblesse et aux proches du roi ;
  • Les membres de l’ordre portaient une jarretière bleu foncé sous le genou gauche, brodée de la devise « Honi soit qui mal y pense ».

Pourquoi les ordres de chevalerie ont-ils disparu ?

Les grands ordres militaires ont perdu leur raison d’être avec la fin des croisades, la perte de la Terre sainte en 1291 et l’évolution de la guerre. À la fin du Moyen Âge, les armées permanentes, l’infanterie et l’artillerie ont réduit le rôle de la cavalerie lourde. Certains ordres ont été supprimés, comme le Temple, d’autres se sont transformés en ordres honorifiques ou charitables.

Les ordres de chevalerie aujourd’hui

Les ordres de chevalerie, au sens militaire du Moyen Âge, ont disparu, mais ils restent très populaires aujourd’hui : de nombreuses personnes s’y intéressent et ils sont souvent représentés dans les films et les livres.

Il existe cependant encore aujourd’hui de nombreux ordres, tant en France qu’à l’étranger, qu’il s’agisse d’ordres anciens comme l’ordre de Malte ou la Jarretière, ou de distinctions créées par les États. Ils n’ont plus le pouvoir d’autrefois, mais restent des symboles prestigieux. En France, les ordres nationaux et ministériels comprennent entre autres :

  • L’ordre de la Légion d’honneur ;
  • L’ordre national du Mérite ;
  • L’ordre des Palmes académiques.

Ces ordres récompensent des mérites civils ou militaires, sans condition de naissance ; des étrangers peuvent aussi en être distingués. Leur premier grade porte d’ailleurs toujours le nom de « chevalier », et leurs membres arborent leur décoration à la boutonnière.

Pour conclure, les ordres de chevalerie occupent une place importante dans l’histoire de l’Europe. Des moines-soldats des croisades aux ordres princiers de la fin du Moyen Âge, puis aux décorations d’aujourd’hui, ils témoignent de la longévité de l’idéal chevaleresque.

FAQ

Quelle est la différence entre un ordre militaire et un ordre honorifique ?

Un ordre militaire, comme le Temple ou l’ordre Teutonique, était une communauté de religieux combattants qui prononçaient des vœux et vivaient selon une règle. Un ordre honorifique, comme la Jarretière ou la Légion d’honneur, distingue des personnes pour leurs mérites ou leur rang, sans vie commune ni vœux religieux.

Quel est le plus ancien ordre de chevalerie encore en activité ?

L’ordre de Malte, héritier des Hospitaliers reconnus par le pape en 1113, est l’un des plus anciens ordres encore actifs. Il se consacre aujourd’hui surtout à l’action humanitaire et médicale. Parmi les ordres princiers, la Jarretière, fondée vers 1348, est la plus ancienne toujours décernée.

Pourquoi l’ordre du Temple a-t-il été supprimé ?

Le roi de France Philippe le Bel fit arrêter les Templiers en 1307 en les accusant d’hérésie et de pratiques impies. Les historiens y voient surtout la volonté du roi de mettre la main sur les richesses de l’ordre et d’affirmer son autorité. Sous la pression royale, le pape Clément V a supprimé l’ordre en 1312.

Que signifie la devise de l’ordre de la Jarretière ?

La devise « Honi soit qui mal y pense » est écrite en français, langue de la cour d’Angleterre au XIVe siècle. Elle signifie « Honte à celui qui y voit du mal ». Selon une anecdote célèbre mais invérifiable, Édouard III l’aurait prononcée en ramassant la jarretière tombée d’une dame lors d’un bal.

Peut-on encore être fait chevalier aujourd’hui ?

Oui, mais sous d’autres formes qu’au Moyen Âge. En France, le premier grade de la Légion d’honneur ou de l’ordre national du Mérite est celui de chevalier. Au Royaume-Uni, le souverain peut encore conférer le titre de « Sir ». Certains ordres anciens, comme l’ordre de Malte, admettent aussi de nouveaux membres selon leurs propres conditions.

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